Oui, Charlotte est hot, particulièrement ces temps-ci.
Pour sa performance stridente de femme muselée par la culpabilité et la folie dans l’Antichrist de Lars Von Trier – ce film dont je ne saurais dire s’il est torve et haïssable ou criant de beauté, en fait il oscille peut-être entre les deux – et pour IRM, le disque sorti aujourd’hui qui résulte de sa collabo avec Beck, LE dude musical par excellence.

Comme pour le film, l’album est assez percutant pour qu’on trouve l’apport de Charlotte crucial, même si elle n’est pas à l’origine de bien des décisions artistiques. En fait, elle est carrément instrumentale dans les deux cas. Mais quel bel instrument, et efficace.
(Le disque est aussi assez bon pour qu’on lui pardonne de poser en émule de Carla Bruni sur sa pochette, na.)

Le spectre de Beck plane partout sur les arrangements dépouillés mais plein de largesses, souvent très percussifs, qui suivent la direction de son plus récent album à lui, Modern Guilt, réalisé avec Danger Mouse en 2007. Les deux hyperstars sont d’ailleurs entrées en contacts par le biais du père de Beck, qui a arrangé les cordes sur le 5:55, second album de Charlotte, paru en 2006.
La version du Chat du café des artistes, de Jean-Pierre Ferland, dont on parle beaucoup, est à mon sens moins réussie que l’originale. Mais le velours plus timoré que riche qu’elle fait à la toune, on le prend.

Genre de muse je-m’en-foutiste-mais-pas-tant-que-ça, Charlotte Gainsbourg est peut-être plus tributaire d’une aura infuse par ses légendaires parents et qui nous fait la désirer, mais elle finit quand même par justifier sa présence avec un détachement très français qui lui sied à merveille.